Le Compendium
        Albert Balasse

Appareil d'électrothérapie Gaiffe,
"grand modèle de poche"

Les différents appareils d'électrothérapie "de poche", proposés par GAIFFE à la fin du XIX e siècle.
Le petit modèle (réf 170) à gauche ; le moyen modèle (réf. 171 et 172) au fond et le grand modèle (réf 173) au premier plan.

Les deux coffrets de taille intermédiaire portent la marque A. GAIFFE (jusque vers 1890). Les autres, G. GAIFFE Succr (jusque vers 1910). Tous ces coffrets portent - marqué dans le bois à l'intérieur du coffret - le sigle initial de la maison Gaiffe (qu'il s'agisse du père ou du fils) : les deux lettres A et C entrelacées.

Dans son CATALOGUE DESCRIPTIF DU MATÉRIEL D'ÉLECTROTHÉRAPIE CONSTRUIT PAR A. GAIFFE, la maison GAIFFE & FILS propose, en 1889, quatre appareils volta-faradiques de poche utilisant la pile au sulfate mercurique ou sulfate de mercure (II). Les coffrets diffèrent par leurs dimensions ainsi que par le nombre et la finition des accessoires qu'ils renferment. Le moyen modèle, au second plan de notre photographie, est proposé sous deux références  ce qui explique la présence des deux coffrets d'aspect extérieur identique placés l'un sur l'autre. Pour 25 francs de 1889, il est possible d'acquérir le moyen modèle qui renferme des organes et excitateurs en cuivre (réf. 171) et il faut compter 5 francs de plus pour une finition nickelée (réf. 172) ... Le petit modèle, à gauche, qui comprend uniquement une paire de cylindre creux en cuivre, les poignées en bois et les deux cordons de connexion de 0,80 m coûte 18 francs tandis que le grand modèle, très complet et que nous présentons sur cette page, vaut 45 francs. Moyen modèle et petit modèle ainsi que la pile utilisée font l'objet d'une autre page du Compendium.

Coffret grand modèle n °161180 - G GAIFFE Successeur - Vers 1910

Le coffret, fermé, mesure 21,5 x 12 x 5 cm. Il renferme 2 cordons souples recouverts de soie de 1,5 m, 2 poignées en bois sur lesquelles se vissent les différents excitateurs : tout d'abord, les cylindres creux en cuivre ou manipules que l'on saisit à pleine main ou qui servent de porte-éponge à imbiber d'eau salée pour un meilleur contact électrique avec la peau ; ensuite, les boutons sphériques et olivaires en carbone recouvert de peau de chamois également à humidifier ; puis la boule de cuivre nickelé, le balais métallique, et un condensateur. Ces éléments sont choisis par le praticien en fonction de la région du corps qu'il envisage d'électriser.

La séparation transversale joue le rôle de barrette de connexion.  A gauche, le petit compartiment contient la pile à 3 éléments, un tube de verre contenant le sel de mercure et une petite cuillère permettant de prélever la faible quantité d'électrolyte que l'on place dans l'auge de la pile avant de recouvrir avec de l'eau. A droite, le grand compartiment renferme la bobine d'induction et la totalité du petit matériel nécessaire au fonctionnement.

La barrette de connexion offre plusieurs possibilités de branchement selon que l'on désire utiliser le courant induit seul, l'extra-courant de rupture seul, ou les deux simultanément. Actuellement, un condensateur est inséré dans le circuit de l'excitateur sphérique en carbone. Le graduateur est en partie sorti, ce qui, en découvrant le noyau en fer doux de la bobine, augmente l'intensité du courant induit.

La bobine d'induction de 9 cm de longueur avec, sur la gauche, son dispositif d'alimentation : le trembleur.

Un levier, commandé par un petit bouton en ivoire permet soit de mettre le dispositif au repos, soit de faire vibrer le marteau trembleur continuellement, soit de le commander manuellement, par pressions successives.

On trouve dans le Dictionnaire d'électricité comprenant les applications aux sciences, aux arts et à l'industrie à l'usage des électriciens, des ingénieurs, des industriels, etc. de Julien LEFEVRE (1891) les principes généraux traitant du fonctionnement d'une telle bobine :

"On emploie en thérapeutique, sous le nom d'appareils volta-faradiques, des modifications de la bobine de Ruhmkorff, qui doivent être disposées pour qu'on puisse graduer à volonté l'intensité du courant induit. Certains de ces appareils permettent aussi de recueillir l'extra-courant du circuit inducteur, soit avec le courant induit, soit séparément. La figure 113 montre le schéma des deux dispositions. Dans la première, on recueille le courant induit en attachant les poignées aux extrémités P'N' de la bobine B'B', ou l'extra-courant en les fixant  en PN, de manière à fermer le circuit inducteur au moment de l'interruption. Dans la seconde disposition, un fil métallique unit les extrémités P'N des deux circuits, et les poignées se placent en P et N'. Les fils forment alors un circuit unique, et tous les courants qui le parcourent au moment de la rupture ont le même sens ; cette direction est indiquées par les flèches."

Fig. 113 - Principe des appareils volta-faradiques

Les dessins, que l'on retrouve également dans des catalogues de la maison Gaiffe et de ses successeurs, semblent avoir été empruntés au Manuel d'électrothérapie, Exposé pratique et critique des applications médicales et chirurgicales de l'électricité par  A. TRIPIER paru 30 ans plus tôt, en 1861...
On aura reconnu, en A, la pile avec sa borne positive centrale (p) et négative (n) à la périphérie : symbolique à laquelle nous n'avons pas été habitués, mais qui nous semble finalement claire ...

Dans son cabinet, le praticien - médecin, mais aussi quelquefois charlatan - alimente l'appareil volta-faradique avec des piles externes qu'il relie aux bornes prévues par le constructeur. Ici, les deux piles Grenet au dichromate de potassium offrent pratiquement la même force électromotrice que les trois éléments au sulfate de mercure (2 fois 2 V au lieu de 3 fois 1,5 V), avec une capacité énergétique et un confort d'utilisation très augmentés ...

Comme on peut le voir, ci-dessous, le Compendium renferme un coffret d'électrothérapie de même conception et dont les dimensions, 22,5 x 13 x 4,5 cm, sont proches du modèle précédent (21,5 x 12 x 5 cm). Sa finition est remarquable. L'étiquette extérieure que l'on rencontre sur les appareils de la maison GAIFFE est remplacée par une plaque en laiton destinée à recevoir, gravé, le nom de son propriétaire ... Aucune marque ni numéro à l'intérieur si ce n'est sur la pile à 3 éléments qui porte le sigle de Gaiffe ...

On note des petites différences d'agencement et de contenu si on compare ce coffret avec le précédent. Les excitateurs sont tous métalliques. Le branchement des rhéophores, c'est à dire des cordons de connexion, peut se faire soit latéralement sur la douille de la poignée comme c'est le cas ici pour alimenter le cylindre porte-éponge, soit, ce que l'on ne rencontre pas souvent,  à l'extrémité et dans l'axe de la poignée comme pour l'électrode plate.

Les vignettes qui suivent mènent aux deux pages du Compendium relatives l'une, aux divers coffrets d'appareils d'induction à usage médical construits par Gaiffe et l'autre, au coffret pour électrothérapie de Ruhmkorff. Il suffit de cliquer sur une vignette pour entrer directement sur la page choisie. D'autres pages traitent de l'induction et sont visibles sur la page thématique "ÉLECTRICITÉ".

Appareils d'induction à usage médical Gaiffe

Coffret d'électrothérapie Ruhmkorff

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