Le Compendium
      Albert Balasse

 

Lampe oxhydrique
à "Lumière Drummond"

... "Pour utiliser les rayons projetés en arrière et doubler l'éclairement, on dispose au fond de la boîte un miroir concave m, dont a occupe le centre de courbure ; les rayons envoyés à m reviennent alors passer par a pour tomber ensuite sur la lentille.
On visse sur la douille annulaire de cette lentille le tube du microscope".

A gauche, la lampe oxhydrique à lumière  Drummond - Hauteur minimum 37 cm
A droite, une application au "MICROSCOPE A GAZ" -  COURS DE PHYSIQUE par B. BOUTET DE MONVEL - Paris, 1865

A gauche, production de la lumière  Drummond - COURS DE PHYSIQUE de l'Ecole polytechnique par J. JAMIN - Paris, 1879

Au centre, la lanterne photogénique de DUBOSCQ - TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DU MICROSCOPE par Eugène TRUTAT - Paris, 1883

Le dard enflammé d'un chalumeau oxhydrique, dans lequel sont injectés séparément l'un de l'autre de l'hydrogène et de l'oxygène, est dirigé vers un bloc cylindrique de chaux qu'il chauffe à blanc en lui donnant un très fort éclat. La technique d'utilisation de la chaux pour obtenir une lumière intense est due à un Anglais, Thomas DRUMMOND, dont les essais se déroulent au début du XIXe siècle.  Vers 1880, cette "lumière Drummond" est mise à profit  dans la "lanterne photogénique" de la Maison Jules DUBOSCQ, spécialiste en instruments d'optique. La lanterne photogénique, prolongement du "microscope à gaz"  est utilisée pour la microprojection et, plus généralement, lors d'expériences d'optique. Pour l'équiper, la lumière Drummond sera longtemps préférée à la lumière électrique, scintillante, tant que le grossissement demandé et la distance à l'écran ne sont pas trop importants.

Les deux robinets d'arrivée des gaz sont repérés par les lettres H, pour l'hydrogène et O pour l'oxygène. Chaque gaz provient d'une réserve spécifique évitant ainsi tout mélange préalable, susceptible de provoquer une dangereuse explosion lors de l'allumage.

L'hydrogène parvient à l'orifice du bec par l'espace annulaire et c'est lui qui est libéré le premier puis enflammé. L'oxygène est alors envoyé par le petit orifice au centre de la flamme opérant une combustion rapide et complète de l'hydrogène...

A gauche, le porte bâton de chaux est monté sur une petite platine excentrée à l'extrémité d'un tube qui peut tourner sur lui-même et glisser verticalement sur son support cylindrique.

 

 

A droite, la vis à tête moletée permet d'écarter le chalumeau de la verticale et, ainsi, de rapprocher ou d'éloigner le dard enflammé du bâton de chaux.
 

Un système pignon-crémaillère permet de moduler la hauteur de la lampe entre 37 et 42 cm.

Avant de choisir définitivement, vers 1880, l'éclairage électrique plus sécurisant, le théatre a utilisé la chandelle, la bougie, le gaz puis la lumière Drummond comme l'illustre, ci-dessous, le CATALOGUE DES APPAREILS EMPLOYÉS POUR LA PRODUCTION DES PHÉNOMÈNES PHYSIQUES AU THÉATRE par J. DUBOSCQ (1877). De nombreux points de lumière sont distribués au bord de la scène, invisibles du public, de façon à éclairer les comédiens qui se retrouvent, alors, sous les feux de la rampe. Cette expression a été choisie comme titre français du film de Charlie CHAPLIN, LIMELIGHT. Limelight est justement le terme utilisé par les Anglais pour désigner la lumière Drummond et sa traduction littérale en français est lumière de chaux...

Le dessin qui ferme cette page est tiré de l'ouvrage de Nicola SABBATTINI (1638) : PRATIQUE POUR FABRIQUER SCÈNES ET MACHINES DE THÉÂTRE (Réimpression par les Editions Ides et Calendes à Neuchâtel en 1977).

Au temps des chandelles, ou "Comment on peut obtenir que toute la scène s'obscurcisse en un instant"

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304 / 7 octobre  2017