Le Compendium
      Albert Balasse

 

Appareil portatif d'induction
d'après le Dr. Spamer

Appareil portatif d'induction d'après le Dr SPAMER
dimensions du coffret 13,2 x 12,8 x 12,2 cm
Allemagne - Vers 1890

Le coffret, dont la finition est particulièrement soignée, est en noyer verni.  Il est muni d'une serrure à clef et d'une butée mobile condamnant le tiroir lorsque le couvercle est fermé.

 

 

 

 

 

L'appareil comprend quatre parties : l'alimentation sous forme d'une pile au dichromate de potassium, l'interrupteur à marteau indépendant de la bobine d'induction, la bobine d'induction enfermée dans le coffret et enfin les bornes de branchement des électrodes,  associées à un commutateur permettant de choisir le courant primaire ou secondaire issu de la bobine.

La "pile au bichromate"

Sur la photographie à gauche, le petit récipient en verre limitant l'espace propre à la pile est retiré de son logement. L'électrode cylindrique en carbone est en place et l'électrode plate en zinc est, pour l'instant, posée près du récipient. L'électrolyte utilisé est une solution aqueuse de dichromate de potassium et d'acide sulfurique. Une petite quantité de sulfate de mercure est ajouté afin, par formation d'un amalgame, de préserver l'état de surface du zinc. Sur la photographie de droite, l'élément formé est placé dans son compartiment et ses deux électrodes sont reliées électriquement au circuit interne du coffret.

L'interrupteur à marteau ou trembleur

Sur les autres appareils d'induction présentés dans le Compendium - qu'ils aient été construits par Gaiffe ou par Ruhmkorff - l'interrupteur utilise le noyau en fer doux autour duquel sont réalisés les enroulements primaire et secondaire de la bobine d'induction. Ici, l'interrupteur est un électroaimant à armature en U, indépendant de la bobine. Sur la photographie, on distingue, à droite et en noir, les pièces polaires de cet électroaimant et, juste au-dessus, la plaquette en fer doux fixée à l'extrémité d'une longue lame métallique fine et souple, susceptible de vibrer verticalement. Actuellement, la zone centrale de la lame est en contact avec la pointe de la vis ce qui assure le passage du courant généré par la pile dans l'enroulement primaire de la bobine. Le courant passe également dans l'électroaimant ce qui provoque l'attraction de la plaquette en fer doux par les pièces polaires. Dès lors, le contact entre la lame fine et la vis pointeau est détruit ce qui se traduit par l'interruption du courant, la fin de l'attraction et la remontée de la plaquette et de la lame. La suite est prévisible et la succession rapide des fermetures et ouvertures du circuit de l'enroulement primaire, à l'origine du courant induit, est assurée ...

La bobine d'induction

Elle est invisible mais elle existe bien à l'intérieur du coffret. L'axe de ses deux enroulements ou "hélices", primaire et secondaire, est vertical et confondu avec le noyau graduateur en fer doux que l'on voit sur la photo.

Plus le barreau est enfoncé à l'intérieure de la bobine, plus les effets du courant induit sont forts ...

Les électrodes et leur branchement

A droite des deux bornes de sortie auxquelles sont reliés les fils souples, rouge et vert, menant aux électrodes, le petit commutateur à manette permet de relier celles-ci soit aux extrémités de l'enroulement primaire, c'est-à-dire directement à l'interrupteur à marteau, soit aux extrémités de l'enroulement secondaire, si l'on veut profiter du courant induit. Le choix est effectué selon l'intensité des secousses espérée ...

Près des deux manches isolants, les différentes électrodes présentes dans le coffret. Les trois premières sont revêtues de peau de chamois destinée à être humidifiée pour parfaire le contact avec les différents muscles du corps humain. La quatrième, plus longue, est terminée par un petit balai de fils métalliques : on l'utilise en parcourant et frappant légèrement la surface malade, ou en la laissant en place aussi longtemps que le patient peut le supporter... Les deux dernières électrodes, à droite, imbriquées l'une dans l'autre pour le rangement, sont utilisables à sec ou comme cylindres porte-éponge. En 1861, dans son ouvrage "de L'ÉLECTRISATION LOCALISÉE", Guillaume DUCHENNE (Duchenne de Boulogne), médecin neurologue, décrit les pratiques et le mode d'utilisation des différentes électrodes ou "réophores". Notons que l'on trouve, dans le texte, les deux orthographes, "réophores" et "rhéophores".
Nous sommes à l'époque où l'on pense pouvoir tout guérir par l'électricité. Et dans la première partie du XXe siècle, il n'est pas rare de lire des slogans publicitaires tels que "FORCE, SANTÉ, VIGUEUR PAR L'ÉLECTRICITÉ", invitant à l'acquisition d'ouvrages qui ne relèvent pas toujours de la médecine pure et qui prônent le recours systématique à l'électrisation... donc à l'achat du matériel indispensable ou à la fréquentation d'instituts spécialisés.

A qui le tour ?

Ces électrodes cylindriques sont identiques à celles qui accompagnent les petites bobines de Ruhmkorff proposées, pour une utilisation ludique, sous le nom de "machine à électriser", "appareil à secousses" et de "torpille électrique". On en rencontre dans le Compendium ... A droite, il s'agit d'une image de la série "l'Electricité" parmi les nombreuses séries éditées en direction de la jeunesse par la maison Chocolat Guérin-Boutron au début du XXe siècle.

Devant l'appareil d'induction  du Dr Spamer, les productions de deux sérieux concurrents, Gaiffe et Ruhmkorff. Pour entrer sur la page présentant ces autres coffrets d'électrothérapie, il suffit de cliquer sur l'une des vignettes qui suivent. Pour une reconnaissance plus complète des articles du Compendium relatifs aux bobines d'induction, on peut se diriger vers la page thématique "ÉLECTRICITÉ"

Coffret pour électrothérapie RUHMKORFF

Appareil d'induction à usage médical GAIFFE

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265 / 2 décembre 2015