Le Compendium
      Albert Balasse

Microscope Gaudin

Microscope GAUDIN dans son coffret de 5,5 x 4,3 x 3 cm - "Lentille en cristal de roche fondu" - Vers 1850

Le microscope, en pièces, dans son coffret en acajou. A droite, une préparation microscopique du XIXe siècle, aux dimensions des lames actuelles c'est-à-dire 76 x 26 mm, permet de mieux imaginer la petitesse du coffret et des éléments qu'il renferme ...

"REVUE ET MAGASIN DE ZOOLOGIE PURE ET APPLIQUÉE"
par F.E. GUÉRIN-MÉNEVILLE et Ad. FOCILLON - Aout 1850

Le coffret renferme l'œilleton, au centre duquel se trouve la lentille minuscule, un support cylindrique, cinq petites lames porte-objet et un fin tube en verre.

A la fin des années 1830, Marc-Antoine GAUDIN, physicien et chimiste, se consacre à la cristallographie avant de s'intéresser longuement à la photographie. Il remarque que la silice soumise à la haute température de ses creusets se ramollit et devient visqueuse. Il parvient à fondre, à filer puis à mouler par pression, du cristal de roche. Ses travaux font l'objet d'un mémoire lu à l'Académie des Sciences lors de sa séance du 24 mais 1841. Gaudin y donne les détails de ses recherches relatives aux matières réfractaires et conclut sur les résultats qu'il a obtenus avec la silice : "Avec les globules de silice j'ai fait des lentilles de microscope d'une clarté prodigieuse, et qui sont bien près d'être achromatiques, tant le pouvoir dispersif de cette substance est faible.". C'est une de ces lentilles que l'on distingue à peine au centre de l'œilleton représenté à droite.

Le fond du support cylindrique est percé d'un trou circulaire jouant le rôle de diaphragme. Ce côté étant dirigé vers une source lumineuse, seuls les rayons lumineux voisins de l'axe du cylindre parviennent jusqu'à la lentille ce qui est une des conditions d'obtention de bonnes images. La mise au point est réalisée par glissement de l'oeilleton dans le support cylindrique.

Hauteur du microscope GAUDIN : 2,3 cm

Le spécimen à observer est disposé entre deux lames de 42 x 10 mm ou dans un tube ouvert aux deux extrémités et dont le diamètre intérieur est égal à 2,5 mm. L'usage précis de ce tube fait peut-être l'objet d'une explication de M.-A. Gaudin dans son "Application du microscope Gaudin à la vérification des farines" édité en 1851 ...

Pour évaluer les performances du microscope, nous avons observé une lame micrométrique au 1/10 mm à travers sa lentille. Le grossissement, que nous avons mesuré, est proche de 50 fois ce qui place le microscope Gaudin dans la même catégorie que les microscopes utilisant la lentille de Stanhope, tel le floroscope. Ce résultat est correct pour un tel instrument mais il demeure en deçà des valeurs indiquées dans les publicités anciennes. Certaines de ces dernières apparaissent d'ailleurs fantaisistes quant aux grossissements annoncés. De plus, le diamètre de la zone observée est beaucoup plus faible avec la lentille de Gaudin qu'avec la lentille de Stanhope ce qui ne facilite pas l'investigation à la surface de la préparation examinée.

LE PALAIS DE CRISTAL, journal illustré de l'exposition universelle de Londres en 1851.
Sur le texte publicitaire de droite et sur la deuxième ligne, il faut lire de 80 à 150 diamètres (au lieu de 180 à 50 décimètres).

GAZETTE DES TRIBUNAUX - Journal de jurisprudence et des débats judiciaires - 9 janvier 1850

Le 21 avril 1850, l'annonceur utilise la même revue, la GAZETTE DES TRIBUNAUX, et rectifie ses chiffres en indiquant un grossissement "en surface" de 3000 à 40 000 fois  ce qui correspond à un grossissement d'un peu plus de 50 à 200 "diamètres". Ces chiffres, exprimés comme c'était la coutume à l'époque, en "surface" ou en "diamètre", sont déjà plus raisonnables que les valeurs de la "réclame" du 9 janvier 1850 ...

Devant un coffret contenant un microscope de dimensions moyennes ...

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