Le Compendium
      Albert Balasse

 

Coffret d'électrothérapie
le "N° 5" par Charles Chardin

Coffret d'électrothérapie volta-faradique de Charles CHARDIN - Paris - Dimensions : 16,5 x 8,5 x 13 cm - Vers 1900

Le "N° 5 DU CATALOGUE GÉNÉRAL" se compose d'une petite bobine d'induction du type Ruhmkorff, d'une pile et des accessoires. La pile utilisée, due à Poggendorff au milieu du XIXe siècle, est formée par le couple carbone - zinc plongé dans une solution d'acide sulfurique et de dichromate de potassium. Ce qui fait l'originalité du coffret proposé par Chardin est l'installation de cette "pile au bichromate" dans un vase parallélépipédique en porcelaine blanche.

Le vase de la pile mesure 5,5 x 5,5 x 10 cm. Ses faces émaillées portent la composition de l'électrolyte, les limites de son utilisation, les précautions concernant le bouchage des différents orifices, dont le "trou du liquide", en particulier lors du "voyage dans une malle". La face supérieure comporte quatre orifices. L'orifice central sert à positionner l'électrode en carbone. Cette électrode est actuellement en place, solidement retenue par un bouchon en caoutchouc durçi par les ans : nous n'y toucherons pas. Deux autres orifices visibles sur la photographie de gauche permettent, l'un, d'introduire l'électrode en zinc dans l'électrolyte, l'autre de la conserver au sec en période de non utilisation. Cet orifice correspond à un logement cylindrique qui ne communique pas avec le reste du récipient. Le dernier orifice visible sur la photographie de droite, permet l'élimination du gaz produit lors de la réaction chimique. Il s'agit, indique la notice du constructeur, d'une "amélioration intéressante à cette pile, déjà réputée parfaite" ... Posée devant le récipient en porcelaine, l'électrode en zinc, vissée sur son support métallique permettant de la relier électriquement au circuit.

Dessins tirés du double feuillet "Instruction pour l'emploi du n°5 du catalogue général" - Charles Chardin

Les électrodes de la pile sont correctement reliées ; deux excitateurs sont connectés par l'intermédiaire des réophores (ou rhéophores), c'est-à-dire des cordons de connexion : l'appareil est prêt ...

On aperçoit, sur la gauche de la bobine d'induction, la vis pointeau qui sert à régler la fréquence des interruptions du courant dans l'enroulement primaire, interruptions qui sont à l'origine du courant induit. Devant la bobine, trois bornes numérotées 1, 2 et 3 permettent de brancher les excitateurs par l'intermédiaires de cordons conducteurs souples. Selon que l'on utilise le couple de bornes 1 et 2, 1 et 3 ou 2 et 3, on obtient le courant inducteur (le plus faible), le courant induit (c'est le cas sur la photographie) ou la somme des deux. Le graduateur cylindrique, à droite et actuellement en partie sorti de la bobine, permet de régler l'intensité du courant induit : plus ce graduateur est tiré, plus le courant est fort. Un interrupteur à lame permet à l'opérateur, après qu'il ait écarté la vis pointeau du trembleur pour interrompre son fonctionnement, d'être manuellement initiateur d'un courant induit : chaque fois qu'il relâche, après l'avoir abaissé jusqu'au contact, le bouton que l'on remarque derrière la bobine, le patient en contact avec les excitateurs perçoit un choc électrique ...

Deux poignées amovibles peuvent être vissées sur différents excitateurs comme le pinceau métallique que l'on voit à gauche sur la photographie, ou l'excitateur olivaire, à droite. Les deux cylindres porte-éponge, que l'on trouve généralement dans les coffrets des autres constructeurs, sont remplacés par des cylindres en carbone dont l'extrémité est recouverte de peau de chamois destinée à être humidifiée pour un meilleur contact électrique avec le corps humain... En avant, sur la photographie, une électrode en zinc de rechange est encore dans son papier protecteur d'origine.

Un petit casier fermé par une trappe, reçoit la totalité des accessoires.

Les lignes précédentes sont tirées d'un ouvrage de Charles CHARDIN paru en 1902, "LA SUBLIME ERREUR DE DUCHENNE". Plus qu'un éloge à l'égard des productions de l'auteur, le livre est une sévère critique menée à l'encontre de Guillaume DUCHENNE (Guillaume Duchenne "de Boulogne"), médecin neurologue, pionnier dans le domaine de l'électricité médicale. Chardin reproche à Duchenne, alors disparu depuis près de 30 ans, d'avoir favorisé le développement de l'électrodiagnostic plutôt que de l'électrothérapie et promu des fausses théories responsables de la mise sur le marché d'appareils trop compliqués.

Ses reproches sont également dirigés vers des constructeurs comme Adolphe GAIFFE et Gustave TROUVÉ dont les coffrets d'électrothérapie, "conséquences de l'appareil de Duchenne de Boulogne furent les véritables ennemis de l'électricité". On rencontre, dans le Compendium, quelques coffrets et trousses "au fonctionnement délicat" incriminés par Chardin : "Ces appareils ne peuvent être employés que par des ignorants des choses existantes".

Soit... On comprend bien que les coffrets d'électrothérapie de Charles Chardin sont les seuls qui vaillent à ses yeux. D'ailleurs, il déclare en évoquant le petit modèle "n° 5" présenté sur cette page : "Leur nombre, dans le public malade, est tel qu'il est inconcevable qu'on puisse oser mettre leur rôle en doute. Généralement employés par des gens inexperts, ils sont un arrogant défi aux théories nébuleuses et prolixes de Duchenne, aux complications ignares de l'école actuelle".

Chardin, avec ses appareils, veut guérir toutes les maladies. Il dresse un tableau de 400 affections diverses "justiciables de l'électricité". On y trouve les affections cardiaques, la crampe des écrivains, la goutte, l'altération du cuir chevelu, l'insomnie ou l'obésité... Pour Chardin, "le corps humain est un faisceau de fils conducteurs" et on ne peut et on ne doit le soigner qu'avec l'électricité ...

"Une excellente méthode d'électro-massage dans les névralgies, migraines, etc ..."

On trouve, dans le Compendium, d'autres bobines d'induction à usage médical datant de la deuxième partie du XIXe siècle. Les principaux appareils sont représentés ci-dessous. Il suffit de cliquer sur une vignette pour atteindre la page correspondante.

Appareil d'induction volta-faradique
A. GAIFFE - Paris

Coffret d'électrothérapie
RUHMKORFF - Paris

Appareil portatif d'induction
d'après le Dr SPAMER - Allemagne

Coffret d'électrothérapie à chariot mobile
 type DU BOIS-REYMOND - Allemagne

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271 / 6 mars 2016